La commission de la santé poursuit ses auditions aux experts du secteur

 

Les syndicats du secteur de la santé ont appelé,  mardi 28 novembre 2017, devant la commission de la santé, des affaires sociales, du  travail et de la formation professionnelle, à la révision du service civil et de la gratuité des soins  et à des mesures incitatives pour endiguer le phénomène de la fuite des  médecins spécialistes, qui a produit une véritable saignée dans les  établissements hospitaliers publics. 

Lors d'une audience qui leur a été consacrée par les membres de la  commission de santé, les responsables des syndicats du secteur de la santé  ont unanimement souligné la nécessité de la révision de la gratuité des  soins dans les établissements publics consacrée par le projet de loi sur la  santé. 

Le Syndicat national des enseignants chercheurs  hospitalo-universitaires  (SNECHU) a plaidé, dans ce sens, pour la mise ne place d'un fichier des  malades démunis pouvant bénéficier de la gratuité des soins. 

Abordant le service civil imposé aux médecins spécialistes, les  représentants des syndicats ont affirmé que ce système "n'a pas résolu le  problème pour lequel il a été instauré, à savoir le déficit en encadrement  médical au niveau des établissements hospitaliers dans les zones 

enclavées". 

Les syndicats ont proposé à ce sujet une évaluation globale de ce système  depuis son entrée en vigueur et une réflexion sur des mesures alternatives,  soulignant, à ce propos, que les médecins concernés ne s'opposent à ce  dispositif mais exigent la réunion des conditions de travail nécessaires au  sein des établissements hospitaliers de leur affectation. Ils proposent également l'encouragement du jumelage entre hôpitaux et la mise en place  d'un observatoire national regroupant l'ensemble des secteurs concernés  pour la prise en charge de leurs préoccupations. 

Concernant les conditions imposées en matière d'exercice des activités  complémentaires prévues dans le projet de loi, présenté début novembre par  le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui devant les membres de la  commission, la présidente du SNECHU, Mme Wahiba Ouahioune a estimé que ces  conditions sont à même de produire une autre saignée dans le secteur de la  santé, rappelant que pas moins de 3000 médecins quittaient annuellement le pays pour exercer à l'étranger. 

 S'agissant de la catégorie des médecins hospitalo-universitaires, leur  représentante a appelé à la création d'un organisme dépendant du Premier  ministère pour prendre en charge leurs préoccupations à la place des  ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur. 

Pour sa part, le président du Syndicat national des praticiens de la santé  publique (SNPSP) a déploré l'exclusion des praticiens publics de  l'élaboration du projet de loi sur la Santé, estimant que le texte était "un code pénal bis" du fait de tous les articles prévoyant des poursuites  judiciaires à l'encontre des professionnels du secteur. 

Il a également critiqué l'absence de rigueur quant à la sanction des  auteurs des actes de violence commis au sein des établissements  hospitaliers. De même qu'il a critiqué la proposition relative à l'annexion  de la sécurité sociale au ministère de la Santé. 

Le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d'officine  (SNAPO), Messaoud Belambri a plaidé, quant à lui, pour la création d'une  spécialité d'industrie pharmaceutique et la révision du système de  permanence en attribuant des primes et des allocations.

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