Achèvement de débat de la déclaration de politique générale du gouvernement par l'intervention des présidents des groupes parlementaires

president-27-2-2019

L'Assemblée populaire nationale a tenu une séance pléniere sous la présidence du président de l'APN, Mouad Bouchareb, afin d'achever le débat de  la déclaration de politique générale du gouvernement en écoutant les présidents des neuf groupes parlementaires participant aux travaux.

L’intervention des présidents des groupes parlementaires a résumé les grandes orientations des différents points de vue exprimés au cours du débat. 

Le Premier ministre repondera le jeudi 28 février,  à toutes les questions soulevées au sujet du document gouvernemental.

Les textes complets des interventions des présidents des groupes parlementaires sont les suivants:

bouabdellah-27-2-2019

Dans ce sens, le président du groupe parlementaire du parti du Front de Libération Nationale (FLN), Mohamed Bouabdallah s'est réjouit du "succès" du gouvernement dans le maintien de la stabilité socioéconomique du pays en dépit de la crise financière qui a débuté depuis 2014.

"Le gouvernement a pu, malgré la crise financière, maintenir la stabilité sociale grâce à la souveraineté de la décision économique et financière et à la poursuite de la politique sociale initiée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika", a indiqué le représentant de la majorité parlementaire, se félicitant des programmes successifs de l'investissement public et des réalisations accomplies dans tous les secteurs, notamment l'agriculture qui a contribué efficacement à l'augmentation de la croissance hors hydrocarbures de 4,2 % en 2017 à 4,3% en 2018.

En revanche, le président du groupe parlementaire a reconnu l'existence d'"insuffisances et dysfonctionnements que nous devons rattraper et redresser car la gestion est une action humaine, et qu'il est normal qu'elle connaisse des insuffisances", appelant tous les acteurs à "faire face à la corruption, étant donné la détermination de l'Algérie à éradiquer ce phénomène à travers un arsenal de lois qu'elle a légiféré".

merabet-27-2-2019

Pour sa part, le président du groupe parlementaire du Rassemblement National Démocratique (RND), Fouad Ben Merabet s'est félicité "des acquis réalisés sous la direction du président Bouteflika en dépit de la conjoncture économique difficile qu'a vécue l'Algérie en raison des derniers coups financiers", affirmant que la situation financière "a changé aujourd'hui grâce aux mesures efficaces, à leur tête la révision de la loi

sur la monnaie et le crédit qui a évité au pays de recourir à la dette extérieur et préservé la souveraineté de sa décision économique".

Et d'ajouter, à ce propos: "Grâce à cette politique efficace, l'Etat a poursuivi son action en matière de paiement des salaires de travailleurs malgré la crise financière, de dégel des projets dans certains secteurs vitaux, de remboursement des dettes des promoteurs, de concrétisation des grands projets de logements et d'augmentation du soutien public".

"Le gouvernement a réussi également le pari difficile et les chiffres présentés dans la déclaration de sa politique générale en sont la preuve", a poursuivi M. Ben Merabet qui a cité l'augmentation du taux de  croissance économique et la maitrise du taux d'inflation ainsi que la hausse des exportations agricoles et industrielles, en sus de sa réussite à freiner les importations, se réjouissant de l'application de la décentralisation qui a contribué, selon lui, à l'attraction des investisseurs.

saddouk-27-2-2019

Lakhdar Bouherroud du MSP a estimé que le Gouvernement "était censé présenter sa Déclaration de politique générale vers la fin de l'année 2018 et non en cette conjoncture électorale, d'autant que nous avons eu droit à

la présentation de réalisations accomplies en 20 ans, comme si nous étions en train d'examiner un programme électoral".

Estimant que cette Déclaration de politique générale "ne vise qu'à camoufler la faiblesse de l'économie nationale marquée par la réduction de la dépense publique, le recours à la planche à billets, la hausse de l'endettement interne, le gel des salaires et la suspension du recrutement avec tout ce que cela induit en termes de hausse de l'inflation et de progression du marché parallèle", le même député s'est étonné du fait que le document n'évoque pas le phénomène de corruption, ni "les effets négatifs" de la dette interne sur l'économie.

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Lamine Osmani, président du groupe des indépendants, a indiqué que la Déclaration de politique générale "contient des indicateurs qui dessinent les contours de la vision stratégique de l'économie nationale, concernant les investissements dans plusieurs secteurs et d'autres indicateurs sur la modernisation de la gestion administrative, la gouvernance et le développement durable".

Pour le groupe des indépendants, le Gouvernement se doit de répondre à plusieurs questions relative à la préservation du dinars, des réserves de change, de la saignée de la devise du fait de la surfacturation.

chaoui-27-2-2019

De son côté, Tahar Chaoui, président du groupe parlementaire de TAJ s'est félicité de "l'application rapide des réformes économiques et financières et la préservation de la politique sociale", saluant "les chiffres encourageants et les résultats positifs réalisés ces deux dernières années, notamment dans les domaines de l'Habitat et de l'alimentation en eau potable, outre la promotion du produit agricole, la réalisation des routes et la protection de l'environnement".

Evoquant les lacunes relevées par son parti, le député a pointé du doigt les critères de distribution du logement qu'il convient de revoir pour plus d'équité, le défaut de diversification économique, la numérisation du système bancaire et la réforme de la politique des aides sociales.

Il a, en outre, appelé à l'abrogation de l'article 49/51 relatif aux investissements étrangers, et son maintien pour les secteurs de souveraineté et l'ouverture de l'aviation civile aux privés, s'agissant des vols intérieurs.

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le président du Groupe parlementaire de l'Union Nahda-Adala-Bina, Slimane Chenine, a affirmé que la Déclaration de politique générale "a été programmé avec des intentions électoralistes",

fustigeant dans ce sens, la progression de la corruption et du "népotisme" même dans des secteurs sensibles.

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Le président du groupe parlementaire du PT, Djelloul Djoudi a estimé, pour sa part, que la programmation de la présentation de la déclaration de la politique générale du gouvernement, au moment où le pays connait des

manifestations pacifiques pour le "changement", était une "provocation", en ce sens, a-t-il dit, que les "données qu'elle contient ne contrastent pas avec le vécu de la majorité des algériens".

"On ne peut déguiser la réalité avec des chiffres sans aucune relation avec la réalité", a-t-il ajouté, estimant qu'il est "inconcevable d'avancer le recul des cours du pétrole pour justifier cette situation, la crise étant politique".

Après avoir reconnu les "réalisations accomplies dans le domaine de l'habitat et certaines réalisations dans le secteur du bâtiment, des travaux publics et de l'hydraulique", le représentant du PT a dénoncé "le pouvoir de l'argent dans la politique, la corruption, la politique d'austérité imposée au peuple, le système fiscal inique, le recul du pouvoir d'achat, le chômage et le gel des projets et des recrutements".

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De son côté, le président du Groupe parlementaire du Front El-Moustakbal, Hadj Belghouti, a indiqué que la programmation de cette présentation en ce moment précis imprime à cette Déclaration de politique générale "le ton d'une campagne électorale, à laquelle il ne fallait pas impliquer le Parlement".

Il a ajouté que le Front El-Moustakbal tout en reconnaissant les réalisations accomplies dans divers domaines, s'interroge sur "la signification de tous les chiffres avancées".

Pour ce député les questions à poser sont plutôt: "le niveau de vie a-t-il baissé?", "le rendement des entreprises s'est il amélioré?", les délais et les coûts de réalisation sont-ils maitrisés?, "quelle est la valeur réelle

de notre monnaie nationale et quelles sont les raisons de sa régression?", "quelles sont les raisons du suicide de nos enfants en mer?" et "les causes de la poursuite des déséquilibres régionaux...", affirmant que "si le

Gouvernement ne peut pas répondre à ces questions, c'est qu'il ne présente qu'un inventaire et non une évaluation et partant, il est dans une logique de justification de l'injustifiable".

Les textes complets des interventions des présidents des groupes parlementaires disponible en langue arabe

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